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Dokploy sur Hetzner : 6 mois d'auto-hébergement à bas coût

Quand on commence à multiplier les side-projects, les factures des plateformes Cloud as a Service ont une fâcheuse tendance à s’accumuler. Vercel pour le frontend, Railway pour l’API, Render pour le worker en background, et à la fin du mois on réalise qu’on paye plusieurs dizaines d’euros pour des projets qui n’ont pas encore un seul utilisateur.

Il y a six mois, j’ai décidé de changer d’approche : un seul VPS, un outil de déploiement, et le contrôle total sur ce que je fais tourner. Le verdict final ? Je ne reviendrai pas en arrière.

L’infrastructure : faire simple

Mon setup tient en une ligne : un VPS chez Hetzner, localisé à Helsinki en Finlande, facturé 11,40 € par mois. C’est tout. Pas de load balancer, pas de volumes managés, pas de réseau privé. Juste un serveur Ubuntu avec Docker installé dessus.

Hetzner a une bonne réputation : des machines rapides, des datacenters en Europe, et des prix difficiles assez compétitifs (même si en augmentation, comme tout le reste). Pour expérimenter et héberger des projets perso, j’avais besoin de flexibilité.

Dokploy, c’est quoi ?

Dokploy est une plateforme d’auto-hébergement open-source qui s’installe sur n’importe quel VPS avec Docker. Elle vous offre une interface web pour déployer, gérer et monitorer vos applications conteneurisées — sans avoir à écrire des docker-compose à la main pour chaque nouveau projet.

Pensez à Heroku ou Railway, mais hébergé chez vous. En comparaison d’autres alternatives comme Coolify ou CapRover, Dokploy marque des points par sa simplicité d’installation, son interface plutôt moderne et son intégration native avec plusieurs gestionnaires de sources (Github, GitLab, Bitbucket).

L’interface monitoring de Dokploy : L'interface monitoring de Dokploy

Installation : deux minutes chrono

L’installation se résume à une seule et unique commande à exécuter sur votre serveur :

curl -sSL https://dokploy.com/install.sh | sh

Dokploy installe automatiquement Traefik comme reverse proxy, configure les certificats TLS via Let’s Encrypt, et expose son interface sur le port 3000. Première connexion, création du compte admin, et vous êtes déjà opérationnel.

Enfin, en théorie.

Ce qui brille vraiment

Après six mois d’utilisation quotidienne, trois choses me plaisent toujours énormément.

L’inspection des conteneurs. Depuis l’interface, vous pouvez accédez en un seul clic à l’état de chacun de vos conteneurs : ressources consommées, variables d’environnement, configuration réseau. Pas besoin de se connecter en SSH pour un docker inspect.

Les logs en temps réel. Le stream de logs directement dans le navigateur permet très facilement de fixer un déploiement qui tourne mal.

La connexion GitHub. Reliez votre dépôt, définissez la branche à suivre, et Dokploy déclenche un nouveau déploiement à chaque push. En quelques clics, vous avez un pipeline CD fonctionnel sans avoir à configurer des workflows de type GitHub Actions.

Les pièges à éviter

Ce serait vendre du rêve que de dire que tout s’est passé sans accroc. Deux sujets m’ont donné pas mal de fil à retordre.

Les DNS. Dokploy repose sur Traefik pour router le trafic vers vos applications via des sous-domaines. Si vos domaines sont chez des fournisseurs différents (ce qui est mon cas à force d’accumuler les projets), la gestion des enregistrements DNS devient vite fastidieuse. La faute à un délai de propagation assez long et plusieurs crises de nerfs avant de réaliser que le problème venait d’un enregistrement CNAME mal configuré depuis l’IHM.

Traefik. C’est le criminel qui sera fréquemment sur la photo de la scène de crime. Le reverse proxy intégré à Dokploy est puissant, mais capricieux. La configuration automatique des certificats TLS via Let’s Encrypt peut échouer silencieusement si les DNS ne sont pas encore propagés au moment de la validation ACME. Dans ce cas, vous vous retrouvez avec le certificat par défaut de Traefik qui n’est pas reconnu par les navigateurs. La solution : patienter, puis forcer un redéploiement une fois la propagation confirmée.

Six mois plus tard : le bilan honnête

Aujourd’hui, Dokploy est mon unique outil de déploiement. Ce blog, quelques APIs personnelles, des outils internes tout tourne sur ce même VPS.

Ce que j’ai apprécié : la courbe d’apprentissage courte, l’interface très claire et la liberté de déployer ce que je veux sans y passer trop de temps.

Ce que j’accepte en contrepartie : la responsabilité de la maintenance du serveur, les mises à jour à gérer, et les nuits où un redémarrage inopiné peut mettre hors ligne tout ce qui tourne dessus. Un VPS unique est un point de défaillance. Pour des projets personnels, c’est acceptable. Pour de la production critique en revanche, c’est évidement un non catégorique.

Pour qui c’est fait ?

Dokploy est une solution idéale si vous êtes dev ou passionné de side-projects et que vous cherchez à :

  • Reprendre le contrôle sur vos déploiements sans y passer des heures
  • Réduire vos coûts d’hébergement
  • Garder vos données en Europe

Ce n’est probablement pas la bonne solution si vous avez besoin de haute disponibilité, d’une équipe Ops dédiée, ou d’un SLA garanti.

Mais pour expérimenter, apprendre, et déployer avec confiance à moindre coût ? C’est difficile à battre.